Hôtel de Guerray

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 Orageuse arrivée

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Isaniel Leatska
Compagnon
Isaniel Leatska

Nombre de messages : 84
Date d'inscription : 19/02/2008

MessageSujet: Orageuse arrivée   Mer 20 Fév - 0:07

Au loin, dans la lumière déclinante du soleil venu embrasser pour quelques heures la terre de ses rayons, se dessinait un fiacre sombre, dont les chevaux passablement énervés par le cocher, martelaient le sol de leurs sabots furieux. Le bruit du cahotant équipage, se fit soudain moins dense alors que le soleil disparaissait au loin pour laisser place à de menaçants nuages annonciateur de l'orage. Le domaine de Guerray était encore loin, et le cocher ignorait si ses chevaux pourraient tenir encore longtemps la cadence éffrennée avec laquelle il les menait. Alors qu'un éclair zebra le ciel, l'un des quatre chevaux de l'attelage se cabra soudain. Effrayé par l'orage, sa peur fini par se transmettre aux autres, et bientôt les pauvres animaux détrempés, refusèrent de faire un pas de plus. Le cocher, déscendit au bas du fiacre et s'empara de la bride du cheval de tête. Mais celui-ci appuya tout son poids en arrière, les yeux presques révulsés devant l'intensité de l'orage. L'oeil inquiet, les oreilles plaquées vers l'arrière, l'animal refusa la moindre solicitation de son cocher. Résigné, l'homme en confia la garde au laquet, puis s'avançant tant bien que mal dans le chemin boueux il ouvrit la porte du fiacre.

A l'intérieur, un jeune homme à la chevelure blanche était plaqué au sol, maintenu par un autre, qui semblait le tenir plus que fermemant. Assit confortablement sur l'une des banquettes pourpres, un petit homme grassouillet et richement vêtu, tripotait distraitement ses bagues d'emeraudes et de rubis. A sa droite, se tenait un homme au visage émacié et à la chevelure noir, qui pendait grassement sur son visage. On aurait pu presque le comparer à un faucon, près à fondre sur sa proie, si celle-ci esquissait le moindre mouvement. Quand à l'autre homme qui maintenait Isaniel au sol, il était plus grand que le second, mais tout aussi fort et rapide.
Le petit homme grassouillet connu sous le nom de Virgil de Gascogne, était un noble notoire, qui ayant décidé de quitter son Italie natal, c'était installé à Paris pour prosperer dans un commerce très lucratif, celui du jeu d'argent et de la prostitution. C'était ainsi, qu'il récupérait dans les rues, les jeunes hommes susceptibles de devenir compagnons, pour ne pas dire catins, et les revendait au Seigneur de Guerray, très grand amateur de beauté masculine.

Le cocher essayait vainement de se protèger de la pluie en rabattant le col de son manteau contre son visage. Celui-ci éleva la voix pour couvrir le bruit de l'orage et celui des chevaux affolés.


" Monseigneur, nous n'allons pas pouvoir continuer, l'orage est trop violent et les chevaux sont trop paniqués pour avancer. L'hôtel de Guerray n'est qu'à deux lieux d'ici, je crois que vous devriez vous y rendre à pieds. "

De Gascogne renifla légerement, puis grommela de mécontentement. Cette orage perturbait tous ses plans. Il ne pourrait pas arriver au domaine de Guerray ce soir, et il ne serait donc pas à Paris au matin.

" Vargas, vas donc détacher le cheval de tête et selle le pour moi. Quant à toi Lorio, fait bien attention à ce que le gamin ne s'échappe pas. "

L'homme aux airs de faucon descendit du fiacre et s'activa pour seller le cheval de tête, qui sur les quatres semblait le moins affolé. L'homme l'amena ensuite près du fiacre et attendit que le seigneur de Gascogne sorte pour prendre sa monture, suivit de près part Lorio et Isaniel. Le petit homme grassouillet mit le pied à l'étrier et monta sans grandes difficultés sur la monture qui piaffait de peur et d'impatience. Soudain un éclair plus puissant que les autres zebra le ciel. La monture se cabra tout droit, et Isaniel profita de l'agitation pour se défaire de l'étreinte de Lorio.
Ayant réussit à garder l'équilibre, Virgil de Gascogne aperçu la silhouette fragile du jeune homme s'enfuir au loin. L'homme n'eut pas à éléver la voix que Vargas, son homme le plus dévoué, couru pour le rattraper.

Isaniel courait droit devant lui, essayant d'échapper au destin cruel que lui reservait l'homme grassouillet. La pluie battait férocement son visage et il du se résoudre à placer son bras devant ses yeux pour ne pas être complètement aveuglé.
Malheureusement, le jeune musicien ne possèdait pas l'étonnante vitalité de Vargas, qui le rattrapa bientôt en le plaquant violement au sol. Isaniel se débattit farouchement, hurlant à qui voulait l'entendre les noms les plus terribles qui lui venait en tête. Mais il ne pu se défaire de l'étreinte de l'homme. Pire encore. Il sentit bientôt son souffle l'abandonner. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il sentait poindre une violente crise. Son coeur se mit à battre plus vite, et le jeune homme tenta un dernier effort pour se libérer, en vain. Une première quinte de toux l'agita, puis une autre. Très vite il ne pu plus inspirer l'air, aussi humide soit-il.
Vargas relacha sa prise, il savait que le jeune homme serait inoffensif, mais il n'ignorait pas que si il ne faisait rien, Isaniel allait, dans le pire des cas, mourir.
Le renversant sur le dos, il dénoua les mains de l'adolescent à présent figées autour de sa gorge en manque d'oxygène. L'homme de main, se pencha sur le petit et emprisonna ses lèvres, envoyant de l'air dans les poumons du jeune garçon, à intervalles réguliers. Isaniel n'eu d'autre choix que de se laisser faire.
Epuisé, il finit par perdre connaissance.

Vargas souleva le corps inerte et attendit que son seigneur le rejoigne. L'orage avait cessé, mais la pluie les battait toujours avec force. Ce fut trois silhouettes sombres qui marchèrent en silence les lieux qui les séparaient du domaine de Guerray.
Les hommes arrivèrent en pleine nuit. Les sabots du cheval épuisé, martelaient le sol pavé de la cour. Vargas et De Gascogne pénétrèrent dans le hall tandis que Lorio s'occupa du cheval. Le seigneur empocha l'argent pour le jeune Isaniel, et se rendit dans la chambre qui lui était réservée. Le fiacre arriverait demain. Il prendrait des chevaux frais puis s'en retournerait pour Paris. Vargas quant à lui alla déposer le corps inerte et détrempé du jeune garçon dans les dortoirs. Il l'abandonna sur le dessus d'une paillasse miteuse, puis referma la porte. Celà faisait longtemps qu'il n'avait plus d'état d'âme pour ceux que son seigneur amenait ici. Et il en était de même pour ce jeune musicien, qui avait été parié, et qui à jamais, avait perdu sa liberté.....


[Les dortoirs]


Dernière édition par Isaniel Leatska le Mer 20 Fév - 0:09, édité 1 fois
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