Hôtel de Guerray

Venez découvrir les joies du XVIII ème siècles.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Rabat-joie.

Aller en bas 
AuteurMessage
Anastase Mortchêne
Client
avatar

Nombre de messages : 37
Date d'inscription : 27/01/2008

MessageSujet: Rabat-joie.   Mer 6 Fév - 2:57

Même ici il avait fallu qu'on vienne l'ennuyer avec les préoccupations royales. Il aurait tout payé pour qu'on ne le reconnaisse pas et qu'on le laisse tranquille. Dans le lieu de toutes ses débauches, il avait fallu qu'on le trouve et qu'on l'entretienne de problèmes dont le Roy semblait fort ennuyé. Anastase venait déjà de passer un mois en sa demeure et il trouvait encore le moyen de lui demander conseil. Enfin, de forcer son conseil.

Le Cardinal de Fleury se faisait vieux et cet imbécile de Louis XV ne semblait vouloir écouter son conseil. Alors c'était à lui qu'on demandait. Le jeune Mortchêne pressentait déjà la guerre contre l'Autriche. Le Roy était trop faible et les anti-autrichiens étaient bien trop nombreux à la cour. Un pacte avec la Prusse finirait par être conclu et la France essuierait de nouveau les dégâts de la guerre. Il avait essayé de faire rentrer tout ceci dans le crâne de Louis mais il semblait décidé à signer ce pacte. Qu'il le fasse. Il sera moins fier quand les prussiens montreront leur vrai visage et qu'il se retrouvera avec toute l'Europe à dos. Anastase l'aurait prévenu. Cette guerre ne ferait qu'appauvrir le pays.

Mais le Roy s'acharnait à le poursuivre, espérant le ranger à son avis. Peut-être pensait-il que son idiotie aurait plus de crédibilité si Mortchêne le soutenait. Mais il en était hors de question. Et il était là, au salon de l'Hôtel de tous ses plaisirs, à parler politique avec un autre des conseillers de Louis. L'air plus que sombre et fermé, il n'en pouvait plus de l'entendre jacasser depuis plus d'une heure, déblatérant des inepties en pensant que l'homme le plus intelligent du pays les goberait sans problème. S'il n'avait été bien élevé, il aurait certainement déjà pris le chemin de sa chambre en plantant là le conseiller.

Sa chambre, il voulait tellement la rejoindre. L'homme bavassait et l'esprit d'Anastase était tourné vers sa chambre. Il y avait fait monter quelques affaires, pour son séjour et pour Julien, mais il n'avait pas eu le temps de demander à ce que le compagnon lui soit assigné que déjà on lui avait littéralement sauté dessus. Sa paire de gants blancs le démangeait. Il rêvait de l'abandonner au visage de cet impudent. Il venait ici pour prendre enfin un peu de repos mais cet imbécile continuait son discours qui mettait l'Ange de Paris dans un état d'irritation poussé. Ne manquerait plus qu'il vienne le voir tous les jours et ce serait le bouquet. Le noble resterait enfermé dans sa chambre si c'était nécessaire mais il refusait de souffrir cet idiot une nouvelle fois.

Le menton appuyé avec négligence sur son poing, Anastase regardait ailleurs en n'écoutant que d'une oreille. Il attendait que cette diarrhée verbale cesse enfin ou qu'on vienne le tirer des griffes de cet inutile conseiller. Sinon il allait l'étrangler ou s'endormir. Quiconque serait entré au salon en cet instant aurait remarqué le profond ennui de l'Ange, aujourd'hui habillé tout de noir, faisant ressortir sa peau pâle avec délice.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Julien de Jambville
Compagnon
avatar

Nombre de messages : 45
Age : 40
Date d'inscription : 27/01/2008

MessageSujet: Re: Rabat-joie.   Mer 6 Fév - 14:47

Combien de temps passa-t-il avant d'espérer une nouvelle visite de son cher Anastase. Il connaissait donc son prénom, mais pas une fois, il l'eut appeler ainsi. Il avait fait la préparation et e baume pour ce dernier, il y avait mis du temps, mais il avait réussi.
Aujoud'hui s'annonçait douloureuse, même si face à ses douleurs il ne réagissait que peu. Cela faisait déjà un jour qu'un homme de la plus brutale des façons le traitait. Il avait eut droit à des coups de cravaches et autre chaines en fer. Le dernier délire fut de le promener à la vue de tous avec une un collier de chien et au bout d'une laisse en fer, un maître jouissant de l'humilier devant lls autres compagnons. Le tirant d'un coup sec, régulièrement, certains se moquaient de lui, de toute façon il aimait ça, disaient ils, et d'autres, baissaient les yeux, pensant au fait que cela pourrait aussi leur arriver.
Mais la journée prenait fin. Il avait un autre client, le séjour débutait ce soir. On l'avait prévenu le matin même, il aurait aimé pouvoir au moins dormir une nuit sans douleur, pour remettre son corps au moins en état. Mais tant pis, il aurait peut être un peu de répis, qui sait.

-Mon mignon, tu vas voir, je vais te montrer à pleins de monde, ils vont t'adoré, fait moi honneur, sinon je demande à ce que notre entrevue se prolonge et je te ferais regretter tes erreurs, retient bien ceci.

Il tira vertement sur la chaine et le cou émis un petit craquement, un rictus dûe à la douleu crispa son visage et avec servitude, un peu de honte, il fallait bien le dire, ils entrèrent dans un salon ou l'on parlait déjà plus ou moins fort.
La honte se mêlait à ses sentiments, car il acceptait ce qu'il était en face à face avec son client, mais se donner en spectacle comme un chien, savant ou non, il ne le supportait pas. Mais il était avec cet homme, il n'avait rien à dire.

Les yeux baissés, il le suivait, les mains attachées, plus que maquée aux poignets et nu comme un vers, il se figea quand son client se stoppa, au milieux de la pièce.

-Messires, vous tous ! Ecoutez donc, ragardez donc ! Je vous présente une petite perle, d'une rare beauté et surtout, plus docile qu'un chien. Même s'il en à la laisse, il est encore plus asservie que ses bêtes.

D'un geste sur et précis, il lui releva le visage de sa cravache et le fit tourner sur lui même. Il n'avait même pas eut l'idée de camoufler les coups qu'il lui avait porté depuis toutes ces heures ou il l'avait eut. Certaines étaient sanguinolantes, d'aute à peines refermées, mais une chose était sur, il ne le toucherait pas ici, il enétait persuadé.

-Il me reste encore une dizaine de minutes avec cette beauté, est ce que l'un de vous osera jouer avec ?


Il se mis à rire et aussi vite, un homme se proposa, gras, le ventre plus que repus, il pris la cravache des mains et le fouetta.

-Monseigneur, cela est tout à fait jouissif, je n'aurais pas pensé que l'on puisse y prendre gpût si facilement et si rapidement !

Un rire gras et le coups pleuvèrent encore, il vacillait, Julien ne tenait plus et alors qu'il tombait sur ses genoux, il croisa les yeux d'Anastase. Ses yeux se détounèrent, ses joues s'enflamèrent et il s'écrasa sur la tapis couteux.
Alors il faisait partie de ses gens qui aimait frapper, il ne l'avait pourtant pas perçut comme cela.. il se serait donc trompé ?

-Bon, mon grand, montre moi comment tu me gâtes, histoire que tu ais de nouveaux clients.

Des regards méchants, lubriques se posèrent sur Julien et même sur l'homme. Tirant une nouvelle fois sur la chaine, il le força à l'avaler directement, le faisant presque vomir. Sauf que tout homme à une limite et la sienne fut atteinte. Il avait vraiment pensé qu'il ne le toucherait pas, il avait fait erreur.
Il vacilla, tombant sur le côté, et ne vit plus rien de la scène qui en découla.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bell-liberty-school.realbb.net/index.htm
Anastase Mortchêne
Client
avatar

Nombre de messages : 37
Date d'inscription : 27/01/2008

MessageSujet: Re: Rabat-joie.   Mer 6 Fév - 16:15

"Comprenez-vous, l'alliance avec la Prusse serait le moyen d'ouvrir d'en ouvrir de nouvelles !"

Anastase écoutait, d'une oreille, mais il écoutait tout de même. Il ne relevait pas le nombre d'absurdité que pouvait sortir cet imbécile à la minute. Était-ce donc possible d'être niais à ce point ? La Prusse ne ferait que pousser la France dans une guerre qu'elle ne désire pas. Ils se froisseraient avec les britanniques, les allemands, les autrichiens, bien entendu. Peut-être même devraient-ils plus tard, après s'être rendu compte de leur situation économique catastrophique à la sortie de cette guerre, s'allier avec les espagnols et y perdre encore plus, pour rien.

Le jeune Mortchêne soupira pour toute réponse et un agitation vers le centre du salon attira son attention. Il vit entrer un homme, qu'il connaissait d'ailleurs. De Besnier. Un baron pour le moins imbécile. Et il le prouvait une fois encore en exhibant devant une partie de la noblesse parisienne son amour pour les hommes et leur torture. C'était à croire qu'il était entouré de sombres crétins.

D'ailleurs l'humiliation n'était pas vraiment du goût d'Anastase. La honte qu'un homme pouvait ressentir face à lui, lui était suffisante. Il suivit des yeux la laisse que le baron tenait en main pour voir un peu l'état de l'homme qui lui avait servi de compagnon. Et Anastase écarquilla les yeux. Avant de serrer les dents sous la vague de colère noire qui le traversait.

C'était Julien. Son Julien. Le compagnon qu'il allait pouvoir garder avec lui pendant les quelques jours de son séjour ici et... Voilà ce qu'il en avait fait. Ce qu'il avait osé lui faire. Le noble était partagé entre pure colère et jalousie de s'imaginer que le jeune homme avait été celui d'un autre. Anastase laissa son regard ténébreux détailler les nombreuses plaies que ce monstre avait fait apparaître sur sa peau nacrée. Sur ce corps superbe. Si des marques devaient être faites, elles ne devaient pas être profondes, elles ne devaient pas saigner, non... Ce n'était que pure folie.

Quand De Besnier avait proposer de prêter 'son jouet', Anastase n'avait pas osé bouger. Il avait avec lui un conseiller de la cour du Roy, il ne fallait pas qu'il n'en montre plus ou les rumeurs allaient fuser. Seulement contre toutes attentes, ce fut bien ce même conseiller qui leva ses lourdes fesses de son fauteuil pour aller frapper son compagnon avec tant d'allégresse, jusqu'à le faire tomber au sol. Si Mortchêne avait eu une liste noire, il y aurait été inscrit sans plus attendre.

Son regard plus que noir fusillait la scène avec colère mais il finit par croiser celui de Julien. La honte que devait ressentir le jeune homme lui fendit le coeur et il le regarda s'écraser sur le tapis sans pouvoir rien y faire. Il ne pouvait pas intervenir. Peut-être le compagnon lui en voudrait-il. Mais en tant que noble il ne pouvait pas se permettre ce genre de geste héroïque à l'égard d'un compagnon. Il assistait à la scène avec horreur et dégoût.

Et son regard fut loin d'être lubrique quand De Besnier osa forcer Julien à le prendre de la sorte. Il y avait des limites, à tout. Et même si le jeune homme aimait souffrir, aimait être soumis, il savait qu'il n'aimait pas ça. La soumission a ses limites. Elle doit aussi savoir être accompagnée de douceur et là, il n'y avait que violence et horreur. Anastase ne s'étonna pas vraiment de voir vaciller Julien. Il était arrivé au bout de ses forces. Physiques comme psychologiques. Le conseiller revint vers lui avec un sourire satisfait.


"Grand Dieu que ce lieu est étonnant ! Le lieu de tous les vices m'avait-on dit, mais je n'en espérais pas tant."

Anastase lui jeta un regard sombre et profondément dédaigneux. Il se leva avec souplesse, apparemment peu concerné par ce qui venait de se passer et adressa une légère révérence à son interlocuteur.

'Je vous prie de m'excuser."

Toujours angéliques, l'attitude et l'apparence du jeune Mortchêne côtoyaient aujourd'hui celles du démon. La couleur de ses yeux rejoignait le noir de ses vêtements et faisant claquer sa canne sur le parquet du salon, il avançait dans le silence pesant de la pièce, causé par l'évanouissement de Julien, sous les yeux intrigués du conseiller. De Besnier semblait fier de lui. Mais profondément effrayé par ce qu'il venait de faire. Il restait là, à demi nu à la vue de tous et le noble s'arrêta devant lui en arborant un rictus moqueur.

"Et bien Monsieur ? Peut-être devriez-vous vous refroquer ? Ainsi que cette assemblée n'ait plus à souffrir cette vue pour le moins... Ridicule."

D'un geste, Anastase fit venir à lui deux serviteurs. Il leur chuchota de transporter le compagnon dans sa chambre, ainsi que le nécessaire pour le soigner. Il s'en occuperait lui-même. Alors que les deux hommes quittaient le salon avec Julien, qu'ils portaient sans la moindre attention, le jeune Mortchêne reposa son regard sur De Besnier qui se rhabillait au ralenti, apparemment traumatisé.

"Je vous débarrasse de ce poids mort. Aller donc prendre un verre d'eau de vie, ça vous remontera mon cher."

Il lui accorda une légère révérence avant de quitter le salon avec tranquillité. L'Ange rejoignit sa chambre où il trouva son amant toujours inconscient, jeté apparemment sans douceur sur le parquet de la pièce. Anastase le porta jusqu'au lit pour le glisser sous les couvertures. Qu'elles soient couvertes de sang lui importait peu. Il jeta un oeil sur la table où il aperçut des onguents et bandages. Il attendrait le réveil du spécialiste pour s'en servir.

Anastase alla cherche un linge humidifié d'eau fraîche qu'il posa sur le front de Julien et il s'allongea sans même retirer ses chausses auprès du compagnon, caressant doucement sa joue en attendant son réveil.


[-> Chambre d'Anastase Mortchêne]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Rabat-joie.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Rabat-joie.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Rabat-joie
» La joie de Maurice Genevoix.
» le baratin de la joie
» Gustave Charpentier: la joie de vivre à l'Opéra (1860-1956)
» Y'a d'la joie vidéo

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hôtel de Guerray :: L'intèrieur de l'hôtel. :: Salon-
Sauter vers: