Hôtel de Guerray

Venez découvrir les joies du XVIII ème siècles.
 
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 Enervé...

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Marc de Droghart
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Marc de Droghart

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MessageSujet: Enervé...   Ven 3 Aoû - 19:54

Pourquoi avait-il fallu qu’il le croise ? Pourquoi s’était-il attardé plus que de coutume à la cour, où il était allé chercher ses ordres ? Ordres qui s’étaient révélés nuls de surcroît, laissant le chevalier dans une inactivité terrible qui lui donnait encore plus de temps pour ruminer ses sombres pensées ?

Il aurait dû rentrer tout de suite, ne pas s’attarder à aller saluer un vieil ami… Il n’aurait pas croisé son père s’il n’avait pas cédé à ce caprice de dernière minute… Il n’aurait ainsi pas vu son regard froid, rempli de colère, posé sur lui comme s’il apercevait un intrus à la cour du Roi…
Quel poète déjà avait chanté les louanges de l’amour paternel ? Un tel poète en aurait vomi ses œuvres s’il avait vu la manière dont son père l’avait traité aujourd’hui même… Pouvait-il encore l’appeler son père ?

Ce fut dans cet état d’esprit plutôt tourmenté que Marc franchit la porte de l’hôtel de Guerray, bien décidé à se changer les idées…
Et lorsqu’on lui indiqua qu’on venait d’amener un jeune homme plutôt rebelle, qu’on avait attaché dans le salon, Marc eut un étrange petit sourire et il franchit le hall en direction du fameux salon…
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Gersende de Loonois
Personnel, Fauconnier et garde chasse
Gersende de Loonois

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MessageSujet: Re: Enervé...   Mar 12 Fév - 0:50

On lui avait toujours dit de passer par les jardins pour rejoindre les cuisines mais aujourd’hui Gersende avait eu envie d’oublier ce qu’on lui avait dit.
D’abord parce qu’il pleuvait à torrent et qu’il allait salir ses bottes. Il les cirait une fois toutes les deux semaines et c’était justement le jour. Ensuite parce qu’il se sentait d’humeur à se montrer détestable et ne rien faire comme il en avait été prié. Pour finir parce qu’il tenait Julien de Guerray pour un jean-fouttre et qu’il n’avait pas pour habitude de tendre la joue gauche lorsqu’il avait été giflé sur la droite.

Il entra dans le château par le perron et du grand hall se rendait aux cuisines avec à la main quatre faisans dont le sang encore frais se répandait en petites gouttelettes carmin sur le marbre presque blanc du sol.
C’est alors que lui parvint un hurlement strident, suivi d’un bruit de verre brisé .
Il était peu probable qu’à cette heure un larron ait envisagé de voler de Guerray mais les temps étaient troublés et tout était possible.
Il sourit.
Il attendrait un petit peu.
Pour le cas où ledit larron aurait eu la bonne idée de molester un peu cet arrogant nobliau dont les lettres de noblesses ne devaient pas prendre racine plus profond que trois ou quatre générations. Encore une frasque de Louis XIV de France qui avait été célèbre pour avoir anobli tout un tas de paltoquets grandiloquents dont la bonne mine et le bagout l’avaient séduit.
Une voix fluette s’éleva, criant haut et fort des mots qu’il ne pu comprendre.
Ses faisans toujours perdant leur sang par un œil arraché, Gersende se dirigea vers l’endroit d’où venaient cette agitation et qui apparu être l’un des salons dans lequel de Guerray recevait ses clients.

Il ouvrit la porte à toute volée pour être certain de surprendre les responsables de l’échauffourée.
A sa grande surprise, il s’agissait de De Guerray soit même, de l’un de ses habitués, un bellâtre qui pensait que le monde entier se devait d’être à sa botte et d’un tout jeune homme qu’il avait aperçu lors de son arrivée au château.
Il avait été frappé par la couleur de ses cheveux et par son air désemparé.
S’agissait il d’un albinos ou bien était il passé par des moments si terribles que ses cheveux en étaient devenus blancs…


« Je vois qu’il n’est pas réservé qu’aux garçons de cuisine de plumer un oison. «

De Guerray tenait à la main une laisse et un collier de cuir qu’il s’apprêtait selon toute vraisemblance à mettre au petit qui tremblait de tout son corps, le client regardait le tout avec cet air hautain et méprisant que le grand fauconnier lui aurait volontiers fait ravaler en même temps que ses dents.

Le gamin avait l’air si misérable que de penser à ce qu’il lui avait déjà été fait ou bien n’allait pas tarder à lui être fait lui souleva le cœur.
Il fit quelques pas à l’intérieur du salon, dominant les trois présents de son imposante stature. Il avait encore en mémoire ce que son employeur lui avait fait subir et en profondeur une rage mal contenue se mit à bouillir, invisible sur son visage sale et mal rasé mais toutefois perceptible dans ses yeux gris.


« Pourquoi ne vous attaquez vous pas à quelqu’un qui puisse se défendre ? Ah et pas à dix contre un, bien évidement, comme vous savez si bien le faire. «

Il s’approcha du gamin qui se mit à trembler de plus belle. Evidement Gersende n’offrait guère une apparence réconfortante tout vêtu de noir, avec ses grandes bottes, les mains poisseuses du sang des faisans, ses cheveux d’une couleur incertaine tombant en mèches grasses de chaque côté de son visage aussi peu encourageant que le reste de sa personne.
« Mais je sais pourquoi vous faites cela. «  dit il avec un sourire râpeux qui découvrit deux rangées de dents fortes et blanches.

« Parce que c’est sans danger pour le lâche que vous êtes… »

Il était probablement allé trop loin. Il lui démangeait de rajouter « lâche petit puceau que vous êtes ».
Mais cette information qu’il tenait d’une chambrière il n’avait pas envie de lui balancer à la figure ici et maintenant. Non, il n’y avait pas assez d’oreilles pour l’entendre…





[HJ il s'agit d'un vieux post pour tenter de convaincre de Guerray de répondre à la provocation, juste un petit post hein Zoziau, et aussi une conversation que le sieur Droghart peut entendre si le coeur lui en dit ...)]
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Marc de Droghart
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Marc de Droghart

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MessageSujet: Re: Enervé...   Mar 12 Fév - 17:22

En temps normal, Marc aurait ignoré tout cela. Il serait parti chercher son bon plaisir ailleurs, histoire de se changer les idées et surtout, surtout, d’oublier ce maudit père qui semblait suivre chacun de ses pas, comme une ombre maléfique.

D’ailleurs, on lui avait indiqué un appétissant compagnon qui ne semblait attendre que lui, et il n’avait donc pas lieu de s’attarder… N’est-ce pas ? Même si des voix lui parvenaient jusque dans le couloir qu’il était en train de traverser, même si tout cela avait l’air… follement divertissant. Ce n’était pas ses affaires et il devait passer outre.
Continuer son chemin jusqu’à la chambre qu’il avait réservé aurait été la plus sage des solutions. Oublier son père dans les bras d’un inconnu, s’oublier dans une étreinte délicieusement perverse et…

Il venait bien d’entendre le mot ‘lâche’ non ?

Non décidément, même le plus beau joyau de cet établissement ne valait pas le divertissement qui s’annonçait un peu plus loin, et les pieds de Droghart dévièrent naturellement vers la porte entrouverte d’où s’échappaient les voix.
Il la poussa doucement et se conduisant en gentilhomme, il se contenta de s’appuyer dans l’entrebâillement tout en jetant un regard amusé dans la pièce.

De Guerray… En pleine activité. Distrait seulement par un olibrius mal dégrossi et affreusement sale.
Intéressant.

Marc eut envie d’éclater de rire devant le visage déconfit et furieux de Guerray, mais un simple sourire orna ses lèvres délicates et il leva lentement ses mains pour applaudir avec une nonchalance digne de son rang, le son à peine étouffé par les gants épais qu’il avait oublié d’ôter en entrant.

« Bravo… Messire, j’aurai aimé connaître votre nom avant de le voir inscrit sur la pierre tombale où de Guerray risque de vous jeter… »


Il fallait dire que rares étaient ceux qui osaient ainsi se dresser devant le seigneur de ses lieux, hormis les clients évidemment. Mais vu l’aspect du géant brun qui se tenait devant lui, il paraissait évident à Marc qu’il était loin de correspondre au portrait des habituels qui venaient s’aventurer ici.
A moins qu’il ne travaille ici. Ce qui n’était pas impossible.

L’homme était soit courageux, soit fou. Et dans les deux cas, il intéressait vivement de Droghart. Rien de mieux qu’un fort caractère pour vous faire oublier les petits tracas de votre propre vie.

Et, remarquant soudain que tous les regards étaient dirigés vers lui, il leva ses mains d’un air innocent en déclarant :

« Oh, je vous dérange peut-être… Je vous en prie, continuez. Faites comme si je n’étais pas là. »
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Gersende de Loonois
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MessageSujet: Re: Enervé...   Mer 13 Fév - 1:38

Il avait bien cru entendre des bruits de pas mais Gersende, préoccupé par son ardeur vengeresse n'y avait pas attaché plus d'importance.
Il se retourna pour faire face au nouveau venu, le genre pénétré d'importance, afffublé d'atours qui laissaient sans doute à penser qu'il devait avoir une bourse bien pleine (et il s'agissait bien là de la bourse remplie d'or , non d'une autre bourse...).
 

"Il n'y a point de Messire outre le maître de céant , le gentilhomme Julien de Guerray et son invité, par devant sieur de la Castille,"
Il appuya sur le mot gentilhomme avec force moquerie.

"Je me nomme Gersende Plon" (mensonge certes mais son passé ne regardait personne), "je suis le fauconnier de cet endroit ainsi que le garde chasse et je ne forme pas le projet d'avoir une tombe à mon nom avant un temps raisonable pour un homme ayant ma belle santé."

Il détailla sans vergogne le nouveau venu. Un jeune et riche gandin, certes mais qui n'était pas sans appât. Et surtout qui possédait certains de ceux qui faisaient sa faiblesse : une chevelure blonde et des yeux clairs. Il était jeune mais semblait bien fait, plus un homme de guerre qu'un poseur de salon.
Il y avait longtemps que Gersende avait renoncé à couver d'un oeil intéressé les nobles sangs qui, comme cela semblait être le cas de celui ci , qui avaient tout à la fois beauté, richesse , pouvoir et orgueil.
Il n'était plus rien, il n'avait plus rien, ainsi en avait décidé la vie.


"J'en avais terminé avec ces messieurs, ils sont à vous faites en bon usage. Pour l'heure je m'en vais porter aux cuisines ces faisans qui, je le gage, seront appétissants dans votre assiette d'ici trois ou quatre jours."

Sur le sol lisse et blanc avait grossi une petite mare écarlate et il se dit qu'il était grand temps qu'il fila aux cuisines. Il s'approcha du gentilhomme blond qui occupait l'embrasure de la porte, lui faisant signe qu'il souhaitait passer et qu'il eut été bienaimable de sa part de lui laisser le passage.
Il sentait une odeur plaisante et Gersende s'en remplit le nez. Elle lui rappellait une autre odeur, liée à quelques souvenirs malheureux et il renifla, pas très augustement d'ailleurs.

"Juste une rose" dit-il bien amusé mi mystérieux, posant son regard gris sur ce client qu'il n'avait jamais vu auparavant.
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Marc de Droghart
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MessageSujet: Re: Enervé...   Mer 20 Fév - 12:31

L’insolence avec laquelle il prononça le mot ‘gentilhomme’ fit sourire Marc. Voilà longtemps qu’il n’avait pas croisé un homme aussi intéressant dans cet établissement. Entre les nobles pressés d’aller s’amuser, l’arrogance de Guerray et la tête baissée de compagnons d’une nuit, l’esprit de Marc ne s’était jamais réellement amusé ici. Son corps oui, mais le reste avait tendance à se taire dés qu’il entrait ici… Comme la plupart des autres clients d’ailleurs.

Alors ce divertissement tombait à point nommé pour lui faire oublier la rencontre malencontreuse avec son père et son humeur noire précédente. Il aimait l’insolence, comme tout noble, et encore plus quand celle-ci n’était pas dirigée vers lui. Voir de Guerray aussi rouge était réellement délicieux.

Le regard de Gersende, puisque tel était son nom, glissa sur lui mais Marc n’y prêta aucune attention. Il était normal qu’il le détaille comme lui-même n’avait pas cessé de le faire depuis qu’il avait surpris la scène. Et sa conclusion était facile à trouver : cet homme serait sûrement aussi appétissant que ses faisans, une fois déplumé et lavé…
Il avait une certaine prestance qui ne manquait pas de panache, mais qui s’effaçait derrière quelque chose de plus rugueux, de plus rustre… Cela en était presque dommage, parce que la marchandise de base devait être de qualité.

Evidemment, Gersende voulut s’éloigner et son seul obstacle s’appelait Marc. Il prolongea l’instant, l’empêchant de passer alors que l’autre lâchait une remarque incongrue qui arracha un sourire au jeune noble.

« Une rose ? »

Il faudrait donc se méfier des épines n’est-ce pas ? Que ce soit lui ou Gersende…
S’écartant il le laissa enfin passer et salua de Guerray rapidement, avant de refermer la porte pour laisser libre cours à la fureur du patron de l’établissement, pendant que lui-même se retirait et suivait distraitement le jeune Gersende.

« Gersende Plon, c’est bien ça ? Vous risquez d’avoir une tombe bien plus vite que vous ne le croyez jeune homme si vous continuez ainsi… Ce qui serait dommage avouez-le. Autant pour vous que pour moi, qui n’aurait pas la chance de connaître le différent qui semble vous opposer à Guerray… »


Il se coula jusqu’aux côtés du garde chasse et un petit sourire plaqué sur les lèvres, il ajouta, malicieux :

« Je suis sûr que l’histoire doit être croustillante… »


Et si ce n’est pas le cas, je ne perdrais pas mon temps à t’observer…
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Gersende de Loonois
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MessageSujet: Re: Enervé...   Mer 20 Fév - 22:49

[ HJ cet homme serait sûrement aussi appétissant que ses faisans, une fois déplumé et lavé grmlblblbllblblblblbl lavé et déplumé....kssssssss... Respecte donc tes aînés eh jeunot ! ]


Gersende exposa à la lumière des chandeliers les plus proches deux rangées de dents étonnement blanches et en bon état qui tranchaient avec son visage mangé de barbe et ses cheveux qui n’étaient plus roux foncés à force d’être sales mais presque bruns.

"Je ne veux qu’une seule rose sur ma tombe ou bien en travers de mon cadavre si le hasard fait que je sois jeté dans quelque lieu malpropre pour y finir de me décomposer."

Il s’arrêta dans le couloir qui menait aux cuisines, étonné que ce jeune homme le suive ainsi. D’ordinaire les clients du bordel de Guerray affectionnaient la viande plus jeune…
Et moins…
Faisandée…
Un haussement de sourcils bien dessinés quoiqu’un peu en broussailles attesta de son étonnement à voir le nobliau le suivre ainsi.
Mais il se dit que ce n’était pas à ses fesses qu’il en voulait. La suite lui prouva qu’il avait raison.

"Il n’y a point longue histoire à narrer Monsieur. Lors d’une…"
Comment allait il nommer la prise de bec qu’il avait eue avec Julien de Guerray.

"Conversation un peu animée avec le propriétaire de cet établissement, il m’a, dans sa grande bonté et avec la noblesse d’âme qui est la sienne fait battre par ses gens. A trois contre un bien évidement afin d’être certain que la correction soit bien reçue par moi et non point par ses ruffians. "
"La suite vous délecterait sans doute car suite il y a à la rossée mais la suite."


Il décocha au blond un regard d’acier acéré.

Ne vous regarde pas.

Mais comme tout le personnel, les godelureaux alentours et peut-être même la basse-cour connaissaient l’histoire, il ne lui faudrait pas longtemps pour savoir qu’il avait été sommé d’astiquer le mirliton des trois sous fifres de De Guerray sous les rires de celui-ci.
Comme chute à ce malheureux moment de sa vie, il avait passé la nuit enfermé dans la porcherie, seul endroit qui selon le maître des lieux lui convenait tout à fait...

Gersende n’était pas homme à oublier. Pas plus qu’il n’était homme à pardonner.

Mes faisans sont attendus à la cuisine.

Il aurait du partir mais il ne le fit pas, restant comme un bredin à mi chemin entre le salon et la cuisine, sous les yeux clairs du client , yeux clairs qui lui en rappelaient d’autres, un peu, bien enfouis dans les ruines de son passé.
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